- Mais pousse-toi connasse !

- Qu’est-ce qu’il fait lui ? Il lit en marchant ? Non mais sans déconner, il ralentit tout le monde… Boulet quoi ! On est pressé ! Presséééé !!! Dégage DEMEURÉ !

- Mais pourquoi cet abruti reste collé à la porte alors qu’il y a la superficie du Stade de France à l’opposé de sa panse ? Il est paralysé des fesses le trou du cul ?

- A droite l’escalator bordel ! Mais à droite oh ! Je suis speed ! Pardon ! Pardooooon !

- Ah bah bravo ! Lui emménage carrément dans la rame de métro. Une étagère, un sac à cadavre… sans déconner, il prend au moins la place de 10 personnes ! Si j’attrape une scoliose, je lui fais un procès

- Mais pourquoi elle ne plie pas sa poussette celle-là ? Il a 7 ans maintenant il peut tenir debout non ?

- Grrrrrr

-Touche-moi pas tu me salis. Casse toi pauv’con va !

- Pourquoi il sourit lui, il est teubé ou quoi ? Il veut ma photo ? Hein ? Ziva ! M’regarde pas !

- Salut ! T’as l’air tendu…

- MOI ? Pas du tout ! Je ne vois pas pourquoi tu dis ça ! Dis donc, je ne sais pas toi, mais y’avait des merdes ce matin dans le métro. Toujours pareil ! Et toi ?

- Ah ouais, moi aussi… je suis vidée.

Pour le provincial qui monte à la Capitale l’épreuve la plus difficile à surmonter est sans doute celle de la descente sous terre.

N’existant pas, à ma connaissance, de guide pratique et pragmatique sur les règles informelles de bienséances métro-politiques, voici donc quelques astuces underground pourvous mettre sur les rails et vous aiguiller.

Immersion dans le métro

2 cas de figures :

  • Sans titre de transport

- Aller à l’accueil :

Une chance sur 8 de trouver un agent (surtout dans les petites stations). Demander un ticket zone 1-2 si vous faites du «tourisme» intra-muros et NE dites surtout PAS que vous êtes touriste même si l’Ile (de France) de la tentation est grande !
A Paris le touriste est une proie. On ne vous paye pas de Caipirinha parce que vous êtes sympa. Si vous êtes sympa, c’est vous qui le paierez.

Ranger tous signes extérieurs de repos intérieur (banane, casquette, appareil photo et tout ce qui pourrait faire de vous un pigeon à plumer) !

Si vous vous êtes adonné à la bronzette, pas de souci, vous passerez aisément pour un cadre dynamique de La Défense sans patinette.

- Les bornes :

Après avoir fait la queue, il faut comprendre rapidement les fonctionnalités car d’autres attendent que vous ne dépassiez pas les bornes. La RATP a bien compris qu’il fallait simplifier pour fluidifier. Y’a qu’à se laisser guider et ils ont même prévu une molette pour les handicapés du clic à cet effet. Magique !

  • Avec titre de transport

A peine entré dans la bouche de métro, préparez votre titre de transport avant d’accéder au portique.

Un seul « bug » (oubli de ticket, recherche de « ouk’cé qu’on a mis son ticket ? Bernadeeettttte ! Vide ton sac ! ») peut être sévèrement pénalisé par un « p’tain t’avance connard ? ».

Vous êtes prêt à passer le « portique »… De prime abord ça à l’air compliqué et ça tombe bien, ça l’est. C’est juste une question d’habitude et de bonne coordination des mouvements. Décomposons la gestuelle :

  1. ticket
  2. reprendre ticket
  3. pousser
  4. sortir (le plus complexe étant le passage avec bagages : les mettre devant soi sinon on reste bloqué et on est le con damné).

L’essence de l’orientation

Si vous n’avez jamais pris le métro parisien, il convient de préparer son itinéraire en amont pour éviter un « potage » coronarien. Le type qui a conçu les cartes du réseau (et des bus) a probablement inspiré le tatoueur du tatoo-plan de Michael Scofield.

Le site de la « Rapt » n’est pas trop mal fait. Pas forcément des plus intuitifs mais c’est mieux que rien.

Ne restez jamais planté devant les panneau d’indication et surtout, conseil d’amie, ne jamais piler net si vous vous êtes rendu compte que vous vous êtes planté. Vous pourriez vous faire rentrer dedans et le Air Barge n’a pas encore été inventé.

Continuez comme si de rien n’était avec un pas rapide et décidé, tournez les talons dès que vous avez la place nécessaire pour le faire.

Pourquoi ? Parce que si vous restez devant les panneaux vous démantelez le trafic. Les couloirs du métro c’est comme une autoroute pour piétons et votre espérance de tolérance est limitée à quelques minutes.

Marchez marchez marchez… ne regardez pas les gens qui arrivent face à vous et laissez votre instinct vous guidez. Vous ne pouvez pas vous tromper et si c’est le cas, faites comme si vous saviez où vous allez.

Ah ! Autre conseil : Serrez à droite. Toujours. Partout. C’est tendance.

Arrivée sur le quai des orfraies

C’est blindé ! Pas 20 cm2 pour pouvoir arquer. Là où vous voyez des meutes de badauds en grappe c’est là où se trouveront les portes de la rame de métro. C’est comme ça, il ne faut chercher à comprendre, le Parisien sait anticiper quand il doit survivre en communauté.

Frayez-vous un chemin mais pas trop près du bord. Sinon c’est la mort.

Le métro est arrivé. Évitez de pousser, mettez-vous sur le côté pour laissez le flux se déverser et tenter d’entrer. Ce n’est pas gagné, il faut parfois tenter sa chance à 3 reprises avant de pouvoir réussir à s’immiscer. Ça vous rappelle un truc ?

Et là, tu rames.

Une fois dedans, va vers le fond (sens opposé à la porte). Maintenant que je t’ai donné quelques recommandations on peut se tutoyer (et si le lapin le fait hein !).

Tu tasses ! Penses à Sébastien Chabal ! Vas-y ! Fais leur mal. C’est pour la bonne cause et cela permettra à d’autres touristes comme toi d’entrer dans la rame fatale.

Baisse la tête. Ne regarde jamais un Parisien dans les yeux sauf si tu veux le pécho ou lui faire la peau. Si tu es fin observateur tu constateras toi-même que le Parigot se sert des moyens détournés pour s’observer. Le reflet de la vitre de la porte sert à se mirer (je n’ai jamais compris pourquoi on s’obstine à se regarder le reflet, ça nous fait une tête de macchabée cerné). Cette réflexion permet également d’étudier son environnement. Tout le monde le fait.

Sers ton sac contre toi ou ôtes ton sac à dos de ton dos (qui prend la place d’un siamois et t’es pas une Tortue Ninja).

Maintenant, attends que ça se passe et ne calcule pas l’accordéoniste survolté et branché sur platine CD surboostée, même si tu t’insurges contre sa reprise des Bee Gees.

Le siège c’est le Graal. N’espère pas en avoir un. Mêmes les femmes enceintes galèrent, c’est dire…  Elles sont préemptés par des machos ou par des hyènes au sang chaud. Les sermonner c’est se heurter à un tsunami de seaux de vomi.

Tuuuuuuuuuuuut !

Opéra… OPÉRA !!!! (oui, elle crie et personne ne sait pourquoi elle veut nous stresser comme ça)

C’est TA station. Tu es arrivé. Bravo ! Mais n’es pas sorti pour autant. Pour pouvoir atteindre le quai avec toutes tes côtelettes va falloir jouer des coudes et donner des coups de têtes !

Non pas que le Parisien s’est entiché de ta personnalité en or et qu’il veuille te garder près de lui, c’est juste que s’il te laisse passer cela implique pour lui de sortir sur le quai et dans ce contexte il n’est pas assuré de pouvoir re-rentrer. C’est pour cela que tu verras des Parisiens accrochés comme des tique à leur chien sur des barres engraissées, ou prostrés contre la porte pour qu’on ne lui vole pas son 30 cm2.

Tu peux dès lors remonter à la surface terrestre en prenant soin de te rappeler les précédentes préconisations « serre à droite et marche ».

Tu es épuisé mais satisfait d’avoir lu ces recommandations avant d’avoir emprunter ce moyen de circulation n’est-ce pas ?

La « bouche de métro « porte bien son nom tant elle refoule du goulot lorsqu’elle a la rame chargée !

Faut dire que chaque jour des millions de « parisiens » s’engouffrent dans cette gorge profonde et tâtent les amygdales d’une machine rondement huilée qui les emmène rapidement d’un point A à un point B. Quand il n’y a pas une manifestation de la CGT…

Le métro est détesté du Parigot (surtout s’il croise « zizi dans le métro »).

Mais Paris sans métro ne serait pas Paris. Tout comme cette Tour Eiffel aussi fascinante que révoltante. Amour ferroviaire paradoxale on l’aime parce qu’il est l’âme, le poumon encrassé d’une ville surpeuplé. On n’a pas le choix, on choisit le syndrome de Stockholm, pour relativiser.

Le métro on l’aime ou on Vélib !

Et puis parfois, pour s’exorciser, on en fait un billet (en espérant qu’il aura une utilité).

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5 Responses so far.

  1. [...] This post was mentioned on Twitter by Patrick Quang Thien and missinzecity, Julien P.. Julien P. said: RT @Inzecity: Métro, l'essence de l'orientation http://ow.ly/2S9kt (blog post) [...]

  2. avatar Lilith dit :

    je suis tes tweets depuis un moment mais c’est la première fois que je lis ton blog. WTF? parce qu’une seule question me vient : Pourquoi ne suis pas venue plus tôt. Shame on me!
    Non parce que, après un an à Paris, j’ai toujours du mal dans le métro. Du coup je prends le bus, le plus souvent possible!

  3. avatar emanu124 dit :

    Welcome to the juuuuunglllleuhhhh

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