Un de plus ou moins

Posted by Inzecity On juin 3, 2011 2 COMMENTAIRES

Sans doute avez-vous remarqué que le jour de votre anniversaire, votre entourage familial proche ne peut s’empêcher de faire un Best of votre naissance.
- « Hihi à cette heure-ci il y a X années (ouais) ta mère arrivait à la maternité et hurlait « dégage de là mais range d’abord ta chambre avant bordel ! Aïe ! » (à l’époque il n’y avait pas de péridurale)
- « Tu te souviens ? La sage-femme a failli t’échanger avec une petite rouquine hideuse » (Non, nous ne nous souvenons pas mais maintenant qu’on y pense, à l’adolescence nous trouvons notre ressemblance est toute relative, d’autant que maman a des reflets auburn…)
- « Tu as crié tout de suite ! » (Normal ! A peine tu mets le nez dehors que tu te prends une raclée par un inconnu)

1 an de plus au compteur, on se rapproche de notre dernière heure. Alors avant que d’autres ne retrace votre passé, voici mes mémoires clef en main qui peuvent s’adapter à chacun.

Pour ce qui est de l’origine j’ai un trou, mais de tête, je dirais qu’elle se situe juste avant ma naissance. Quelques mois plus tard, dans le feu de l’action, le médecin accoucheur m’a récupéré in extremis, m’a fessé avant même que je ne fasse une connerie. C’est dire s’il avait déjà cerné le personnage.

J’étais une enfant que l’on peut qualifier de précoce (mais loin d’être surdouée). Pour illustrer mes propos, j’ai commencé ma vie très tôt et plus précisément, tout au début. Bien que cela ne leur ait pris que quelques minutes pour me concevoir, mes parents regrettèrent assez rapidement le « bon vieux temps ». Avide de découvrir le monde qui m’entourait et très éveillée pour mon âge, j’ai longtemps empêché mes parents de dormir. Il faut dire que j’étais prématurée et que j’avais séché la couveuse. D’où mon surnom de « la chieuse ».

Comme tous les enfants précoces, et comme beaucoup de fille de mon âge, j’ai parlé tôt et surtout pour ne rien dire. Ayant développé mon propre langage avant-gardiste, je me suis souvent sentie incomprise. La barrière de la langue sans doute. Un professeur averti m’a enseigné bien plus tard en cours de biologie que cette incompréhension sociale était liée au frottement de ma langue contre mes gencives du fait d’une absence de dentition néonatale. Les dents sont apparues plus tard, les unes après les autres, en dépit du bon sens comme la poussée de mes seins lors de ma puberté d’ailleurs. L’ensemble désaccordé a facilité le développement de l’oral. Il faut bien compenser.

Bien qu’étant fille unique, mes parents avaient des arriérés. Je n’ai donc pas eu de cuillère en argent dans la bouche. Cela m’importait peu, je m’y étais préparée en me contentant de suçoter un doigt de ma main vite fait sur le pouce en me faisant reprendre sèchement. « Si t’as faim, mange ta main et garde l’autre pour demain », petite ritournelle que grand-maman dispensait juste avant le « mets pas tes coudes sur la table ». Il y avait aussi « Mange la bouche fermée », cette phrase qui pour moi indiquait une précarité extrême d’autant que lorsque je demandais comment cela était possible on me rétorquait de la fermer et d’arrêter de l’ouvrir. Le cas échéant je prenais la porte. Manger la bouche fermée… vous avouerez que c’est compliquer.
C’est sans doute pour cela que je me suis mis à écrire, pour donner corps aux non-dits.

Puis j’ai eu le sens de l’orientation dans les meilleurs délais malgré mon sexe féminin et c’est la raison pour laquelle j’ai marché rapidement, avant un an, en suivant un canidé. Un berger allemand, pour être précise. Ne me demandez pas comment il s’appelait, je n’ai pas la mémoire des prénoms. Hans… ou peut-être Hansgeorg.
Voyant mes grandes capacités à m’orienter sans GPS et que j’étais particulièrement en avance, mes parents m’ont poussé dans cette voix, me disant que j’irais loin. Tout du moins, jusqu’au chien.

Ils m’ont fait marché quelques années encore et surtout à l’adolescence lorsqu’il me prenait l’envie sociale d’être en avance sur mon temps. Etre à la mode passait par les marques à l’époque. D’ailleurs je me souviens encore de cet hématome fessier que j’ai gardé quelques temps car, du fait de ma précocité, il m’arrivait fréquemment de dépasser les bornes.

Pour ce qui est de l’ambition, très jeune j’ai aspiré à être retraitée. Une fois encore, je n’ai pu avoir accès à une belle carrière de rentière, aucun cursus à la fac ne le proposait. Mes facultés avaient précédé celles des doyens qui n’y avaient pas encore songé. Pourtant, retraité était, de mémoire, un secteur d’avenir. Enfin.

Côté cœur, j’avais des petits-amis que nous qualifierons d’avant-coureurs. Cela signifie que je me faisais plaquer avant même de me faire draguer. J’ai donc pris la pilule avant de faire ma 1ère intromission au lycée appliquant le fameux principe de précaution.

Mon physique m’a, quant à lui, précédé. J’entends pas là que mon corps et mon esprit n’était pas toujours bien synchronisé. Par exemple, mes boutons apparaissaient généralement avant un rendez-vous galant comme si mon corps voulait me programmer une adolescence en accéléré. Le problème c’est qu’il fallait dissimuler ce clavier sous ma frange. Je crois que c’est là où mon goût pour les nouvelles technologies est apparue.

Après l’ère Biactol, j’ai dû faire face à de problème de profil et j’en avais plein le dos. Mes aptitudes sportives étant limitées et ma précocité m’ayant particulièrement handicapée au cheval d’arçon, j’ai stocké plusieurs muscles fessiers en latence dans une culotte de cheval de trait jusqu’à ce que ma majorité m’en déleste.

Je passerais rapidement sur mes études et sur diverses professions, j’ai toujours préféré rester dans le fond pour la forme.

Que dire d’autre ?
Ah oui, le blog, l’écriture… je dirais « Un bon croquis vaut mieux qu’un long discours ». Je me situe là en ce moment même, au bas mot.

Pour être réellement transparente, j’ai décidé de garder mon anonymat pour relater ce morceau de vie personnelle. Et puis autant prendre le temps de ne plus essayer d’en gagner au risque de voir arriver ma dernière heure plus tôt que prévue voilà pourquoi j’arrête ce billet ici, avant qu’il ne soit trop tard. C’est mon anniversaire et j’ai du temps à rattraper.

Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que blablabla et blablabla.

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2 Responses so far.

  1. Misanthrope7 Misanthrope7 dit :

    Happy birthday j’dirais :)
    Ou Joyeux Anniversaire si tu préfères…
    Avoir une année de plus sous le capot pour le 3ème (jour de) joint c’est rigolo
    Non en fait c’était juste pour la rime car là je rame ou plutôt je trime,
    Pour terminer ce commentaire sur lequel je galère…

    Bon bin, hein, voilà, il me fallait écrire n’importe quoi
    Ca… C’est fait… Je clique sur Submit et je m’en vais…

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