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Mes 14 juillet et mon défilé de névroses

Tout a commencé dès mon plus jeune âge.
Mus par la volonté de développer en moi mon sens patriotique, ou en tout cas de me faire découvrir un feu d’artifice grandeur nature, mes parents m’avaient emmenée de force au plus près de la mise à feu de milliers de fusées censées retranscrire la prise de la Bastille à grand renfort de pétarades et d’illuminations foisonnantes.
« Tu verras ! C’est super ! Arrête de pleurer… Regarde ta cousine, elle n’a pas peur elle ! »
(gnagnagna… elle est sous le choc évidemment, comme lors de sa première fois avec le Père Noël ! )

Compressée par des milliers de badauds agglutinés, museau vers les cieux, je contemplais les fusées taquiner les nuages et éclater par milliers… Mes préférées ? Les « saules pleureurs » (enfin, c’est comme ça que je les appelle toujours, j’ai pas fait un BTS pyrotechnie, faut pas m’en vouloir).
Les mirettes en fête, je n’avais pas vu venir cette cendre incandescente qui s’échappait de sa trajectoire pour finir par s’écraser mollement dans mon œil… Choc ! Larme ! Cri… C’était un signe… Avec le recul, quelles étaient les probabilités pour que cela m’arrive à moi ?

Après quelques années de thérapies à regarder des feux d’artifices à la télévision et à éclater des « clac doigts » par moi-même (et un mammouth mais mouillé), j’ai décidé qu’il était temps de recommencer à affronter le 14 juillet pour enfin exorciser ma peur et fêter ma révolution (celle de l’émancipation) !
Nous avions donc, avec des amis, entrepris de libérer le Sacré-haut-le-Cœur !

Oh la belle bleue ! Oh la belle rouge…

–    Merde ! t’as vu ces p’tits cons là-bas ? Ils balancent des pétards dans les bagnoles…
–    Oh mais ils s’amusent !
(je l’excusais, cet ami ne connaissait pas mon histoire et mon traumatisme lumin-oculaire)
–    Euh… fait peur quand même… Mais !!! Ils visent des gens avec des fusées ou je rêve ?
–    T’es parano ma chérie !!! Pas du tout ! Ces enfants « s’amusent » !

Je fixais la longue et soyeuse chevelure de cet ami (bien que quelques tonsures sur le devant de l’encolure pouvaient laisser présager une désertification imminente). Un petit nuage de fumée semblait s’en échapper. Dans le feu de l’action, je n’y prêtais attention jusqu’à ce que quelques flammèches illuminent le haut de son crâne.

« LÀ !!! Dans tes cheveux ! Des flammes ! Le feu !!! Ah ! Tape, tape !!! » (nan pas moi, j’y touche pas ! je veux pas brûler.. traumatisme oculaire… ahhh pas toucher !)
Avec le recul, quelles étaient les probabilités pour que cela m’arrive une seconde fois à moi ?

Parce que l’adage dit : jamais deux sans trois, ce soir, je vais trembler, sursauter dans mon lit au rythme des pétards jetés dans ma rue en pensant que plus tard, lorsque je reposerai en paix, je me battrais très certainement pour éteindre mes feux follets.

A lire aussi sur le même thème : l’excellent blog du Dr Morisset !

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3 thoughts on “Mes 14 juillet et mon défilé de névroses

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