Hommes-femmes et vices et versa cachés, Les constats inutiles

L’amour en ermitage

–    Bonjour
–    ‘jour
–    Bonne journée ?
–    Hum…
–    Ne laisse pas tes chaussures dans l’entrée !
–    Qu’est-ce qu’on mange ?
–    T’as pensé à prendre du pain ?
–    Non
–    Merde, tu fais chier ! C’est quand même pas compliqué! Il n’y a qu’une syllabe : « pain »

–    T’avais qu’à m’y faire penser !
–    J’ai autre chose à faire qu’à t’y faire penser, t’as qu’à le faire
–    T’as toujours quelque chose à faire
–    Oui comme ramasser tes fringues. Bon tu viens manger oui ou non
–    J’arrive… 2 minutes
–    Ca fait une ½ heure que tu dis que « j’arrive ». Tant pis, tu mangeras sans moi.

Dans le Cid de Corneille, Chimène (bah dis, je parle de la chérie de Don Rodrigue pas de la chanteuse sébumineuse) disait à son bien-aimé : « Va, je ne te hais point ». Et bien un couple en CDI c’est un peu pareil, on passe du « je t’aime du moooonde entier ma loutre ensuquée » au « je ne te hais point, mais mets quand même les patins ».

Non point qu’avec le temps va tout s’en va mais si l’on remise par-devers soi l’amour un grand A , ce sentiment a tendance se réformer au fil du temps passant parfois du X à la série Z.
On appelle ça : le quotidien. C’est ce que stipule le contrat d’un amour en CDI dans les toutes petites lignes en bas : les deux parties sus nommées « les tourtereaux » passeront du roucoulement au ronronnement jusqu’à ce que « morne » s’en suive. C’est normal !

Apparemment, l’amour ça va ça vient et quand cela stagne, c’est qu’on est bien. Voici les quelques douces rengaines.

–    T’es passé(e) à la banque ?

–    Passe-moi le sel

–    T’es chiante

–    Où tu vas ?

–    Tu rentres à quelle heure ?

–    C’est qui ?

–    Oh puis merde, aujourd’hui je ne me maquille pas

–    Passe-moi la télécommande

–    M’attends pas ce soir

–    J’ai faim

–    Qu’est-ce que tu as encore acheté

–    Ramasse tes chaussettes

–    Tu pourrais faire un effort

–    C’est ta mère

–    Laisse moi faire, tu ne sais pas t’y prendre

–    Change de disque

–    Quoi ? On est à découvert ?

–    Tu ne vas pas mettre ça !

–    J’ai grossi

–    Mais ralentis !

–    J’vais l’faire !

–    Pas ce soir…

–    Pars pas les mains vides !

–    T’as eu ta mère ?

–    Mais arrête de râler !

–    T’as pas vu mes clefs ?

–    Bouge tes fesses

–    Elles sont sous ton nez

–    Laisse-moi tranquille

–    Au fait, ta mère a (encore) appelé

–    T’as pris du bide non ?

–    Tu dors ?

–    T’as pensé à rappeler ta mère ?

–    C’est bon ?

–    Ca va être froid…

–    Tu m’écoutes ?

Le quotidien tue, l’hebdomadaire fait l’affaire.
S’il arrive que l’on doute de l’amour d’Albert juste là, entre la poire et le dessert, vous savez ce qu’il vous reste à faire : un peu de piment pour relever l’affaire.


Sur ce, bonne Saint-Valentin hein !


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10 thoughts on “L’amour en ermitage

  1. Je deviens créative à force et je tente un nouveau concept… Le CDI chacun chez soi.. ( Un jour dans la semaine au hasard, et les we…) ça le fait drôlement bien…
    Les échanges sont bien plus riches.. Le manque fait grimper la libido…

  2. Oh mais non, c’est beaucoup trop réaliste, beaucoup trop vrai. Tu veux pas me faire une version totalement idéalisée d’un quotidien à 2 ? Vas-y, steup !

  3. Ralala, tu ne présentes qu’un côté de la médaille…

    Le quotidien c’est aussi les petits gestes tendres, la complicité d’un regard, la chaleur de l’autre, s’endormir enlacé, etc…

    Mais c’est sur que si on ne fait pas « vivre » un couple, la « morne » arrive très vite !

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