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Le minimum létal

La vie est courte…

Ça, c’est un constat que nous faisons fatalement la veille de notre mort et nous partons tous du postulat qu’il faut en profiter. Ainsi soit-il. Mais alors pourquoi se pourrir l’existence  ?

Scène (fictive) de supermarché – 11h45 – Un samedi – Temps clément.

–    On va tous mourir !
–    Quoi ?
–    Oui, cette grippe A, on va tous crever le nez encombré !
–    Mourir de ça ou d’autre chose tu sais… et puis fatalement on va tous mourir un jour
–    J’ai aménagé ma cave en bunker. C’est gentil de m’aider à faire mes provisions. Je t’aimais bien…
–    On ne meurt pas forcément de la grippe A.
–    Peut-être mais dans le doute, j’ai pris RDV chez le médecin
–    Pourquoi ?
–    Pour être sûre enfin ! Et puis j’ai mal aux jambes, je m’ennuie, j’ai froid, et j’en ai marre que cette connasse peroxydée reluque mon Caddie avec un air répugné comme si j’avais des morceaux d’humains dedans…
–    Relativise ! La vie est bien trop courte pour se pourrir l’existence avec des conneries pareilles.
–    T’es mignonne toi, tu ne vois pas que je souffre ?
–    Ouais… Il n’empêche que si le relou de derrière n’arrête pas de me rentrer dedans avec son Caddie Roussel, je vais finir cul-de-jatte avant de passer au scan de la caissière !
–    Détends-toi… Ce n’est pas la première fois que tu fais tes courses un samedi après-midi !
–    Si et même qu’avant que Barnabé* ne me quitte, on commandait sur Youpimarket.com ! Barnabé c’était  « suuuuper » tu comprends…. (snif). Il était « beau comme un Dieu » (même si c’est c’était un calvaire au pieu et qu’il se jetait sur moi comme un nuage de criquets sur 10cm2 de pousses de blé et qu’en 2 minutes il avait tout dévasté).

On les aime bien ces gens quand même, ils nous rassurent. Pour schématiser, je dirais que c’est comme regarder un porno, c’est censé nous mettre dedans mais au final les gros plans nous font prendre du recul (comment veux-tu, comment veux-tu…).

Un souffle chaud et épais se cale sur ma nuque, ça m’interrompt… Papy Caddie argue la foule en hurlant « mais elles vont avancer oui ! On n’a pas que ça à faire ! »
Une horde de grabataires révolutionnaires gronde dans la queue de Monoprice. Les caddies crissent, les dentiers claquent.

– Mais qu’est-ce que vous avez a être stressés comme ça  tous ? La boîte à caca n’est pas étanche ? Vous allez louper votre rendez-vous avec la Mort ? Mais bon sang, pourquoi êtes-vous si  pressés, vous êtes retraités ! Si chaque minute est comptée, pourquoi nous le faire payer ?

La vie après tout, plus c’est long, plus c’est bon alors assurons le minimum létal : arrêtons d’être con et profitons !


*Un « Barnabé » est le petit ami alibi, celui dont on s’accommode parce qu’il est un « accessoire » social, un signe extérieur de qualité de vie et de réussite sentimentale. Ca fait bien d’en avoir un (c’est comme la Rolex, on en veut une même si on trouve ça moche et lourd).

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6 thoughts on “Le minimum létal

  1. Le Barnabé est un bon concept que je ne connaissais pas! :o)

    Mais alors, quelle est la proportion de femmes avec un « Barnabé » de nos jours?
    Comment débusquer les Barnabésiennes?!
    Est-ce parce qu’elles veulent éviter les blind dates?! C’est ça?!

    AÏE, mais peut-être es-tu une Barnabésienne?! :o))

  2. Haaa les vieux à la caisse des supermarché, un bonheur, un extase qui nous est donné d’apprécier au meilleurs heures de la journée ( entre 12h et 14h la ou les gens qui BOSSENT vont faire leurs courses parce qu’ils BOSSENT et qu’ils n’ont QUE ce créneau horaire). On dit que la jeunesse c’est plus ce que c’était mais alors la vieillesse, je te raconte pas.
    *petite anecdote*
    Un jour, entre 12h et 14h j’étais au supermarché en face de l’école (et tout le monde sais que c’est pendant les heures de pointe qu’il y a toujours le moins de caisse ouverte … logique). Enfin bref, je faisais la queue déjà depuis un bon quart d’heure quand un vieux se ramène derrière moi et commence à me coller sévère. La queue n’avance pas, les gens sont énervé, le vieux bougonne … la routine. Je commence à sentir des petits coup de coude dans mon dos, je me retourne, pile en face de la gueule tannée du vieux qui me collait, et qu’est ce qu’il me sort? « Les jeunes, toujours aussi CONS!  » (*choc*/*rire nerveux*) … et c’est pas fini. Soudain (Dieu merci), une autre caisse s’ouvre, le vieux cour pour arrivé le premier (c’est qu’il était pressé le bougre, la retraite n’attends pas). c’est enfin à mon tour de passer, je pose mes article, je paye et mon regard se pose sur le vieux 3 caisses plus loin et la … il me fait un *fuck* (si, si …)
    Moi j’ai envie de dire : « Les vieux toujours aussi CONS! »

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