Fais RESET !

–    Je veux tout plaquer ! Ma vie, mon mec, mon boulot, j’en ai marre… Faut que je me barre et que je prenne du piment d’Espelette.
–    (La poudre d’escampette tu veux dire…) Mais tu veux faire quoi ?
–    Je ne se sais pas.
–    Tu as tout alors de quoi te plains-tu ! Qu’est-ce qu’il te faut en plus ?
–    Bah rien justement, je ne veux plus rien !
–    Quoi ?
–    Repartir à zéro. Je veux de l’adrénaline moi ! L’aventure ! Le risque ! Du neuf quoi !
–    Et tu voudrais tout plaquer parce que tu veux frissonner (ou bien te faire tâtonner les bourrelets) ?
–    Oui, je suis en vie et j’ai besoin de le sentir. Nos dents s’arrondissent, nos ongles sont cassants, nos poils se font la malle et tu sais pourquoi ? Parce que nous sommes surprotégés et que notre instinct est contrarié !
–    Alors, arrête de t’épiler et lime tes dents pour qu’elles rayent le plancher !

Quand tu as tout, tu ne veux plus rien : c’est le comble des nantis.

Parfaitement incapable de se satisfaire de ce qu’il a, le comblé cherche à prendre le contre-pied de sa quotidienneté pour aspirer à plus de frivolité.
Et cela peut passer par des besoins de rien (envie de toi… lalalala). Pour madame, l’inaccessible est son carburant, elle a été conditionnée pour ça : des histoires de princes, d’amours impossibles, de méchantes reines qui tendent une belle pomme (d’Adam vous n’aviez pas fait le rapprochement ?).

Nous ne sommes jamais content de ce que l’on a, c’est comme ça, nous sommes des insatisfaits par défaut et parfois, on a envie de mettre le compteur à 0, d’envoyer tout à la corbeille et de (re)faire Reset.

En théorie, se remettre en question est censé nous faire avancer et progresser à condition de savoir où aller.

Voici la liste des plans sur la comète que nous échafaudons, que nous partageons et qui nous font tourner en rond.

–    Je vais élever des chèvres dans le Larzac
o    Les chèvres, ça sent fort et contrairement aux idées reçues, ce n’est pas de tout repos.Pas de vacances, pas de connexion avec le monde, absence de fibre optique donc connexion Internet réduite à son plus simple appareil (modem), et essayez d’avoir une crise de fou rire avec une chèvre pour voir ! Vos seules amies que vous verrez seront Biquette 1 et Biquette 2, pas de quoi se faire une petite fête !

–    Je m’exile sur une île
o    Certes, mais au bout de 48 heures, lorsque vous aurez fait le tour, shooté dans des châteaux de sable fourrés aux noix de coco, creusé des tranchés, vous réclamerez le métro.

–    Je veux voir ailleurs si j’y jouis
o    L’aventure la plus périlleuse. Dans tous les cas, faites le bon choix et préparez votre itinéraire.
•    Le premier est radical : vous tracez votre route.
•    Le second nécessite un bon sens de l’orientation si vous voulez simplement combler une envie de diversification et attention de jamais (se faire) flasher si vous prenez l’itinéraire bis (dans un sens ou dans un autre), le principe est de garder une votre distance de sécurité pour ne pas faire percuter votre conjoint. Si vous tombez amoureux du petit chemin « de travers » vous allez droit dans le mur, vous risquez bien de vous faire contrôler ou de vous faire prendre en flagrant délit d’excès de caresses alors, si vous prenez la double voie, n’oubliez pas votre GPS et choisissez bien votre chemin avant de vous retrouver dans l’impasse…

–    Je ne sais pas quoi faire…
o    La question du parvenu ! L’absence d’orientation ce n’est pas la pire des situations. C’est que vous avez tout pour être heureux mais que vous ne savez pas en tirer profit. Faites le bilan de votre vie et imaginez-vous dans quelques décennies. Le « je ne sais pas quoi faire » c’est l’ado perpétuel, celui qui était déjà incapable de se projeter sur une journée les mercredis après-midi en sortant du lycée. En général, il finissait par errer dans la pièce en marmonnant « je m’ennuie », « je veux mourir », « personne ne m’aime », « mes parents m’ont adopté ». A taille adulte, c’est le même.

Alors je vous dirai bien, qu’importe le chemin,

pourvu qu’on s’y sente bien…

Bonne route et circulez maintenant

13 Comments

  1. PM

    Cas chronique, certes…
    Mais quand tu dis que ces gens ont tout, ont-ils tout ce à quoi ils aspirent ou ont-ils pris tout ce que la société avait prévu pour eux ?
    Le courage de ses désirs arrive souvent tard et très souvent pas du tout !
    Combien se sont lancés à la conquête de l’échelle sociale sans se demander si ce qu’ils verraient en haut, s’ils y arrivent un jour, les combleraient? On leur a dit qu’ils en avaient besoin, ils l’ont cru et n’ont pas échafaudé d’alternative. Dommage…

  2. Arnaud

    insatisfait? surement. exigeant? bien plus.
    la corrélation est évidente; un niveau d’attente existe, on ne l’atteint que trop rarement, mais il est nécessaire. Se contenter de peu n’est pas la solution, tout comme se résigner à l »insatisfaction. Le problème est complexe, mais constructif s’il est maîtrisé et compris.
    Le reboot est vraiment tentant, il est vrai, tout comme aller voir ailleurs (une sorte de dualboot?).

    Le débat sur l’ « usure » d’une relation/situation est aussi de mise (« de l’habitude nait l’ennui », blablabla). Vive le célibat? mariage = boulet à vie? Difficile de répondre. Néanmoins, il me semble nécessaire de casser le rythme assez régulièrement (sans que ça le devienne [régulier]), et la chose n’est pas aisée vu l’emprise que peut avoir la société, à modeler nos emplois du temps et plus généralement nos comportements. En prendre conscience est une chose, se « marginaliser » (dans son acception neutre, pas forcément méliorative, et encore moins péjorative), c’est à dire passer à l’acte en est une autre. Les conséquences peuvent être irréversibles, et peu osent le faire à temps, quand ils le peuvent bien sur.

    Bref, ne pas s’engager trop vite, ne pas s’attacher trop vite, et comme le dit PM, se prévoir des portes de sortie peut être utile. Mais vouloir contrôler et calculer ce type de comportement social c’est au final l’anéantir. Où se placer ? à vous de voir selon votre altruisme, vos ambitions, vos facultés à inhiber les désirs incompatibles avec votre quotidien.

    # désolé pour les coquilles, fatigué 🙁

  3. Arnaud

    D’ailleurs, et désolé pour le double post, le très bon « Les fatwas de Charb, petit traité d’intolerance » de charb (Charlie Hebdo) que je n’ai que feuilleté pour le moment, mais que je vous conseille, évoque le fait que le jeune papa, trop démonstratif de son bonheur, ne fait qu’illusion et est en fait prisonnier de cette situation que sa chère et tendre à choisi. Il se résigne à être malheureux, peu courageux surement.
    PS : j’ai 23 ans, 2 enfants, et je suis vraiment le plus heureux des hommes… (je le fais bien ou ça se voit qu’il y a comme une pointe d’agacement dans tout ça?)

  4. jimidi

    LaZac, mais sinon, je trouve ça plutôt sain de se demander de temps en temps si on ne serait pas mieux ailleurs, à faire autre chose, quitte à choisir ensuite de rester au même endroit faire comme d’hab. Quand à l’enfer, oui, ça doit être ça : l’absence de désir.
    Tiens, pendant que je te tiens, je t’ai pi… hûm : emprunté un titre : http://scripturassion.hautetfort.com/archive/2009/09/20/le-constat-inutile-du-week-end.html
    Zoubis ! ♣

  5. jimidi

    LaZac/Larzac : mort de rire ! (Et pan sur le bec). ♣

    • OK ok ok… j’ai corrigé (MDR ! Je ne suis pas prête d’y aller alors !)
      Merci pour le lien et le clin d’œil aux constats inutiles du week-end 😀

  6. Une inconnue ;-)

    Merci pour ces réflexions, ça correspond pas mal à mes préoccupations du moment. Je suis assez d’accord avec jimidi : il faut avoir le courage de remettre ses choix en question. Le plus dur c’est ensuite de refaire le choix, ou de le défaire. Que choisir entre le confort de ce que l’on connaît et l’attrait de l’inconnu ?

  7. Jeanfi

    Eh bien moi j’irai bien voir ailleurs si j’y jouis, avec une chèvre, seuls sur une île déserte, et tu peux croire que je saurai quoi faire!
    Et puis la noix de coco c’est très nourrissant!!! :o)

    Pour ma part, j’ai sauté le pas professionnel à 41 ans. Pour le sentimental, rien n’est jamais parfait, si la complicité, la philosophie de la vie, les projets coïncident, le sexuel lui, n’a qu’à bien se tenir pour tenir (justement) la distance!

    Et comme on le disait hier, mais encore aujourd’hui…

    Merci la miss, comme d’hab, que du bonheur!

  8. Je dirais même plus : nul n’est parfaitement nul. Si ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *